Tous les pays qui veulent se développer sur des bases solides savent qu’il faut investir dans l’éducation et la formation de la jeunesse. De plus, nous n’avons pas tous les mêmes potentiels à initier des projets ou idées révolutionnaires susceptibles de nous donner une longueur d’avance sur ceux qui veulent nous maintenir dans la crasse. Il est donc impératif de soutenir ceux qui peuvent aller très loin de manière à nous assurer d’avoir toutes les ressources nécessaires pour développer le pays.

Dans ce contexte de grande rareté, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser les plus médiocres prendre des décisions et gaspiller les maigres ressources que nous avons. Ainsi, la façon la plus efficace de procéder est d’identifier ceux et celles d’entre nous qui ont du potentiel et de les former pour devenir la classe dirigeante du pays. Pour cela, il faut commencer par créer une école primaire, une école secondaire et un institut à la manière de l’INAGHEI pour les accueillir. Ces enfants doivent être repérés dès la deuxième ou troisième année du primaire et doivent avoir une intelligence supérieure à la moyenne. Cela veut dire qu’ils doivent être la crème de la crème, et nous devons les recruter à l’échelle nationale pour leur compétence en mathématiques, en langue et en Histoire. L’État haïtien doit construire un pensionnat pour ces enfants auxquels il attribue des bourses d’études, des manuels et une bibliothèque bien garnie. L’État doit aussi recruter les professionnels les plus compétents du pays pour encadrer ces enfants du primaire à l’université.

À l’institut, on leur offrirait une formation théorique solide avec des stages payés dans l’administration et les institutions publiques (comme les ministères, l’Administration portuaire nationale, l’Administration générale des douanes, l’Administration aéroportuaire nationale, la Banque centrale, la Banque nationale de crédit, etc.). L’institut en question, qui dispenserait une formation universitaire, offrirait des programmes de calibre international en gestion des affaires, en sciences économiques, en administration publique et en sciences politiques. À tous ceux parmi eux qui le désireraient et qui présenteraient un projet de création d’entreprise viable et rentable à la fin de leur formation, l’État haïtien garantirait un prêt auprès de la Banque nationale de crédit pour financer le projet. Ceux qui désireraient travailler dans la fonction publique devraient être intégrés automatiquement à travers un programme de développement pour devenir des gestionnaires.

Il faudrait éventuellement prévoir des bourses d’études ou des programmes de financement pour aider ceux qui veulent, mais qui n’ont pas les moyens, à obtenir des diplômes de deuxième et troisième cycles, en Haïti ou à l’étranger.

En fait, si nous prévoyons un État moderne, il nous faut des gens compétents pour transformer la fonction publique et fournir des services de qualité aux citoyens.

De plus, l’institut devrait concevoir et offrir des cours d’appoint à l’intention des fonctionnaires de l’État afin de bien outiller ceux-ci à effectuer leur travail. Selon leurs contenus, ces cours pourraient durer d’une demi-journée à plusieurs jours, et porter sur des sujets prioritaires pour la fonction publique. Ces cours pourraient être conçus à l’initiative de l’institut, tout comme ils pourraient l’être à la demande du Conseil de la fonction publique. Ils devraient permettre aux fonctionnaires à tous les niveaux de la fonction publique de faire face aux nouveaux défis rencontrés dans l’exercice de leur fonction.

Dans cette perspective, nous préconisons aussi le renforcement de l’Université d’État d’Haïti, mais par réalisme, on sait que nous n’avons pas les ressources pour entreprendre des projets de cette envergure. Cependant, au fur et à mesure que nous améliorons les conditions de vie de la population, les autres choses viendront d’elles-mêmes.


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